Feux tricolores de chantier : organiser une circulation alternée pendant les travaux
Une circulation alternée devient nécessaire lorsqu’une seule voie reste disponible pour faire circuler successivement les véhicules provenant de directions opposées. L’objectif est simple : empêcher que deux flux ne s’engagent simultanément dans une section trop étroite pour permettre leur croisement.
Les feux temporaires assurent cette régulation de manière automatisée. Chaque extrémité de la zone concernée reçoit son propre signal afin que les véhicules puissent entrer à tour de rôle dans la section à voie unique !
Quand utiliser des feux pour une circulation alternée ?
Tous les rétrécissements temporaires n’imposent pas automatiquement l’installation de feux tricolores. Le choix du système d’alternat dépend notamment de la longueur de la section à une voie, du trafic, de la visibilité et de la durée de l’intervention.
La réglementation française prévoit plusieurs possibilités pour gérer un alternat, parmi lesquelles les panneaux B15/C18, les piquets mobiles K10 et les signaux tricolores d’alternat temporaire KR11. Les feux deviennent particulièrement intéressants lorsque le dispositif doit fonctionner de manière autonome, y compris sur une période prolongée ou lorsque la circulation nécessite une régulation plus structurée.
Il faut donc partir de la situation réelle du chantier plutôt que choisir systématiquement le même mode d’alternat !
KR11 : les feux tricolores d'alternat temporaire
Dans la réglementation française, les feux utilisés pour cette fonction sont désignés comme signaux tricolores d’alternat temporaire KR11.
Ils reprennent le principe familier du rouge, de l’orange et du vert afin que la consigne soit immédiatement comprise par le conducteur. Leur fonction est toutefois spécifique : ils organisent temporairement le passage des véhicules sur une section dont la configuration habituelle a été modifiée par des travaux ou une intervention.
Le panneau AK17 peut être utilisé en amont pour annoncer la présence de feux tricolores réglant une circulation alternée. Cette présignalisation permet au conducteur de réduire son allure avant d’arriver sur une éventuelle file d’attente.
Positionner les feux avant l'entrée dans la zone à voie unique
Le conducteur arrêté au rouge doit rester en dehors de la partie de chaussée où le croisement est devenu impossible. Chaque feu est donc positionné avant le début de la section concernée, en tenant compte du balisage et de l’espace nécessaire pour raccorder progressivement la circulation à la voie laissée libre.
La visibilité en approche est tout aussi importante. Un feu placé après un virage serré, derrière un véhicule de chantier ou trop près de la zone neutralisée risque d’être identifié trop tard !
L’emplacement doit ainsi être pensé depuis les deux sens de circulation, en observant réellement la route comme la découvrira l’automobiliste.
Le temps de dégagement est aussi important que la durée du vert
Lorsqu’un feu passe au rouge, les derniers véhicules autorisés à entrer dans la zone doivent avoir suffisamment de temps pour atteindre l’autre extrémité avant que le flux opposé ne reçoive le vert.
Ce temps de dégagement dépend notamment de la longueur de la section neutralisée et des conditions de circulation. Plus la zone à franchir est longue, plus cette phase intermédiaire mérite d’être correctement paramétrée.
Un alternat mal réglé peut provoquer des croisements dans la zone de travaux ou, à l’inverse, créer des attentes inutilement longues. Les temps de feu doivent donc rester cohérents avec la configuration réellement rencontrée sur le terrain !
Tenir compte du trafic, pas uniquement de la longueur du chantier
Deux chantiers de même longueur peuvent nécessiter une régulation différente. Une petite route empruntée occasionnellement ne génère pas les mêmes files d’attente qu’un axe très fréquenté aux heures de pointe.
Il est donc utile d’observer :
- l’intensité de circulation dans chaque sens ;
- les périodes de pointe ;
- la présence éventuelle d’un carrefour ou d’une entrée à l’intérieur de la zone ;
- la longueur maximale des files pouvant se former ;
- la proportion de poids lourds ou véhicules plus lents ;
- les variations de trafic au cours de la journée.
Lorsque les flux sont fortement déséquilibrés, des systèmes capables de détecter l’arrivée des véhicules peuvent apporter davantage de souplesse qu’un fonctionnement reposant uniquement sur des durées fixes.
Une solution adaptée aux chantiers de jour comme de nuit
Les feux tricolores temporaires peuvent être utilisés lorsque l’alternat doit rester en fonctionnement au-delà des seules heures de présence des équipes. Ils conviennent notamment aux chantiers fixes qui modifient la circulation pendant plusieurs jours ou semaines.
L’éclairage et la rétroréflexion des autres équipements de chantier restent néanmoins essentiels. Le feu règle le passage, mais le conducteur doit également pouvoir identifier la réduction de chaussée, les limites du chantier et la trajectoire qu’il doit suivre, y compris lorsque la luminosité est faible !
Le feu tricolore fait partie d'un dispositif de signalisation complet
Deux feux correctement synchronisés ne remplacent pas les autres éléments nécessaires à la signalisation du chantier. L’automobiliste doit d’abord être averti qu’il approche de travaux, comprendre comment la chaussée est modifiée puis être guidé jusqu’au début de l’alternat.
Selon la situation, les feux peuvent donc être associés à des panneaux AK, cônes K5a, balises de guidage, barrières et autres équipements temporaires. Des marquages routiers temporaires peuvent également être utilisés lorsque les trajectoires doivent être modifiées ou rendues plus explicites pendant la durée des travaux.
Chaque équipement doit apporter une information différente : annoncer le danger, canaliser la circulation, imposer une règle ou matérialiser la nouvelle trajectoire.
Un chantier évolue : sa signalisation doit évoluer aussi
Une première phase de travaux peut neutraliser 100m de chaussée, puis seulement 40m quelques jours plus tard. Les feux, leur programmation et le balisage ne doivent pas rester figés si l’organisation du chantier change.
Il est donc nécessaire de vérifier régulièrement que les signaux correspondent toujours à la situation rencontrée : voie réellement fermée, entrée dans la zone, longueur à parcourir, files d’attente et visibilité des équipements.
Une signalisation temporaire devenue incohérente peut entraîner des hésitations et rendre plus difficile la compréhension de l’ensemble du dispositif. Le chantier doit rester lisible pour une personne qui découvre les lieux pour la première fois !
Feux standards, communication radio ou détection du trafic
Tous les feux tricolores de chantier n’offrent pas les mêmes possibilités de régulation. Pour un alternat simple avec un trafic relativement stable, un système correctement programmé peut suffire.
Des modèles dotés d’une communication radio permettent aux différentes unités d’échanger des informations, tandis que des systèmes avec détection radar peuvent prendre en compte la présence de véhicules et adapter plus finement leur fonctionnement au trafic.
Ces fonctionnalités deviennent surtout intéressantes lorsque l’alternat est long, que les conditions de circulation varient fortement ou qu’il existe peu de visibilité entre les deux extrémités. Pour un chantier simple, il n’est pas nécessaire de rechercher systématiquement le système comportant le plus de fonctions !
Prévoir l'alimentation et l'autonomie du dispositif
Les feux mobiles utilisés sur chantier fonctionnent généralement sur batterie afin de pouvoir être installés loin d’une alimentation électrique fixe. La capacité nécessaire dépend de la durée souhaitée entre deux interventions, du système utilisé et des conditions réelles de fonctionnement.
Pour un chantier installé plusieurs semaines, une autonomie importante réduit la fréquence des opérations de remplacement ou de recharge des batteries. Sur une intervention courte et facilement accessible, cette contrainte devient moins déterminante. L’autonomie doit donc être intégrée dès la préparation du chantier, au même titre que les panneaux, le balisage et la programmation des feux.
Temporaire pendant les travaux, permanent lorsque le problème subsiste
Une circulation alternée répond à une modification provisoire de la chaussée. Lorsque les travaux sont terminés, les feux et les autres équipements temporaires doivent disparaître afin de retrouver une signalisation cohérente avec la configuration permanente de la route.
Si l’objectif du projet est également de réduire durablement les vitesses à proximité d’une école, d’un quartier résidentiel ou d’un point particulièrement sensible, d’autres aménagements peuvent alors prendre le relais. Des ralentisseurs agissent directement sur la vitesse pratiquée, tandis que des radars pédagogiques permettent de rappeler visuellement aux conducteurs leur vitesse à l’approche d’une zone.
Il faut donc bien distinguer la gestion temporaire du trafic pendant les travaux et les équipements permanents destinés à sécuriser la route après leur achèvement !
Préparer l'alternat avant l'ouverture du chantier
Avant la mise en service, vérifiez le parcours complet depuis les deux directions : visibilité des premiers panneaux, approche du feu, zone d’attente, raccordement vers la voie ouverte et sortie de la section neutralisée.
Assurez-vous également que la circulation provenant d’un accès secondaire, d’une entreprise ou d’une rue latérale située dans la zone n’a pas été oubliée. Ce type de configuration peut modifier complètement la manière dont l’alternat doit être géré.
Un feu tricolore temporaire est efficace lorsqu’il fait partie d’une organisation globale : le conducteur comprend suffisamment tôt pourquoi il doit s’arrêter, où il doit attendre et à quel moment il peut traverser la zone en toute sécurité !